Pas assez honorable pour obtenir la suppléance de son beau-père notaire, parti à la retraite, mais aussi pour devenir notaire dans une ville voisine

Maitre Jean-Pierre G, notaire dans les Vosges, qui vient de prendre sa retraite, ne comprend pas que sa fille, Jordane, et le compagnon de celle-ci, Jérôme G, tous deux notaires diplômés, ne puissent pas racheter, après 8 ans de procédure, son étude notariale comme ils le désirent.

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« Ce n’est pas le Parquet qui rend des décisions. Il donne des avis mais ne tranche pas », prévient tout de go Étienne Manteaux, le procureur d’Épinal. Qui affirme ne pas faire une affaire personnelle du cas de Jérôme G. « J’ai d’ailleurs émis un avis favorable auprès de la Chancellerie pour que Jordane G puisse ouvrir une étude notariale à G. » Mais Étienne Manteaux admet aussi avoir émis « un avis très défavorable » à l’encontre de Jérôme G en estimant que ce dernier n’était pas assez honorable pour obtenir la suppléance de son beau-père, parti à la retraite, mais aussi pour devenir notaire dans une ville voisine, alors même que Jérôme G avait été désigné au sort dans le cadre de la loi Macron. Pourquoi ? « Dans le cadre d’une action judiciaire qui a vu un agent immobilier spinalien être condamné, il s’est avéré que Jérôme G, ami avec le condamné, a établi des courriers à l’en-tête de l’étude de notaire pour crédibiliser les activités de ce dernier. » Mais alors, pourquoi Jérôme G n’a-t-il pas été poursuivi dans ce dossier ? « On n’avait pas assez d’éléments pour affirmer qu’il était au courant des escroqueries commises par sa connaissance », indique le procureur. Qui ajoute : « M. G n’a pas l’éthique professionnelle pour être notaire. Je n’ai aucune considération pour cet homme même si je ne le connais pas personnellement. »

Article intégral  sur Vosges-Matin.