Le permis de construire, même définitif, peut être retiré si l’administration a été trompée

Le Conseil d’Etat (6e Chambre, 16 août 2018, pourvoi n° 412.663) rappelle qu’un permis ne peut faire l’objet d’un retrait, une fois devenu définitif, qu’au vu d’éléments, dont l’administration a connaissance postérieurement à la délivrance du permis, établissant l’existence d’une fraude à la date où il a été délivré.

En l’espèce, la caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manoeuvres de nature à tromper l’administration sur la réalité du projet dans le but d’échapper à l’application d’une règle d’urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s’étant livré à l’occasion du dépôt de sa demande à des manoeuvres destinées à tromper l’administration.

Les plans de coupe joints au dossier de demande des permis de construire représentaient de façon erronée le terrain d’assiette du projet comme étant plat. Ces informations erronées étaient de nature à caractériser une fraude dès lors que les autres éléments du dossier ne permettaient pas d’établir la déclivité du terrain d’assiette au niveau de la construction autorisée. Le pétitionnaire ne pouvait ignorer la déclivité du terrain et omettre de le signaler dans ses demandes de permis de construire et de permis modificatif réalisées par une agence d’architectes.

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