Pour engager la responsabilité d’un notaire, le délai de cinq ans est impératif

L’action en responsabilité intentée contre le notaire est en l’espèce prescrite.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi n° 2008-561 du 17 juin 2008 portant réforme de la prescription civile, l’art. 2224 du Code civil dispose que les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer. Les dispositions de la loi du 17 juin 2008 qui réduisent la durée de la prescription s’appliquent immédiatement aux prescriptions en cours à compter de l’entrée en vigueur de la loi, sans que la durée totale puisse excéder la durée prévue par la loi antérieure.

Les acheteurs de parcelles font valoir que le notaire instrumentaire de l’acte de vente du 6 juillet 2005 a omis d’y rappeler les servitudes de passage figurant dans l’acte de propriété de leur auteur et profitant aux parcelles vendues. Or, les acheteurs, déjà résidents de la commune, avaient une parfaite connaissance de la configuration des lieux et du fait que les parcelles, objet de l’acte de vente du 6 juillet 2005, se trouvaient enclavées. De plus, ils avaient visité les lieux avant la vente. Dans ces circonstances, les acheteurs étaient en mesure de connaître, lors de la signature de l’acte authentique de vente, le 6 juillet 2005, les faits leur permettant d’exercer l’action en responsabilité civile contre le notaire instrumentaire.

L’action engagée contre ce dernier le 29 mars 2016, soit bien après le 20 juin 2013 conformément à l’art. 2222, alinéa 2, du Code civil, est prescrite.


  • Cour d’appel de Nancy, Chambre civile 2, 31 janvier 2019, RG N° 17/02633
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Un commentaire sur “Pour engager la responsabilité d’un notaire, le délai de cinq ans est impératif

  1. Bonjour,
    Un peu déroutant la mise en cause de la responsabilité d’un notaire et la prescription.
    Si l’acte du notaire a des écrits inexacts qu’il aurait ou a constaté, il faut passer par l’inscription de faux (art 314 cpc ou autre).
    Autant que je sache:
    Avant 2008 l’acte authentique pouvait être attaqué dans ses écrits pendant 30 ans
    Après 2008 d’après cet arrêt ce serait 5 ans ??
    Ou le résultat de cet arrêt est le fruit d’une procédure autre que celle prévue à l’art 314Cpc ?
    bien cordialement

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