Et si l’on (re)parlait de la liberté de réunion

Extrait du Traité de l’intolérance (Editions de la Couronne, 1947, par Romain Motier, citoyen de Genève).

Chapitre : « De quelques libertés défuntes »

… Enfin la liberté de réunion. Elle aussi sera proclamée à grands cris et inscrite solennellement dans les Constitutions démocratiques. Elle aussi sera supprimée par force dès que l’Etat en concevra de l’alarme. Pourquoi ? parce que l’Etat, c’est pratiquement un parti, une coalition de partis (… ou un président) fort désireux de gouverner sans entraves.

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Si donc un clan d’opposition, un des groupes écartés du pouvoir, annonce une réunion publique (ou même privée) il suffira de déclarer que cette manifestation est une provocation à l’opinion républicaine et que la République ne peut tolérer des insultes fascistes, que le sang de ses martyrs, de ses héros bout dans leurs glorieuses tombes. Quelques articles de presse, quelques affiches peuvent en effet soulever une indignation de la majorité ou du moins de quelques coteries qui hurlent au nom de la majorité. Alors, de deux choses l’une : ou bien le Ministère de l’ordre public interdit d’avance la réunion des mécréants ou bien, des troubles et bagarres étant à craindre, la police l’interdit à la dernière minute. Dans les deux cas la mise au pas est effectuée. Et voilà pour la liberté de réunion.

 

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