Aucune loi ne défend au père de famille, qui fait donation de ses biens à ses enfants, de s’en réserver l’usufruit, et d’imposer à ses enfants la condition de ne pas aliéner ou hypothéquer de son vivant les biens donnés.

Le père de famille qui fait entre ses enfants, par donation entre-vifs et sous réserve d’usufruit, le partage anticipé de ses biens, peut leur imposer la condition de ne pas les aliéner ni hypothéquer de son vivant, sans violer l’article 900 du Code Napoléon.

Unknown

La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements.

Aucune loi ne défend au père de famille, qui fait donation de ses biens à ses enfants, de s’en réserver l’usufruit, et, soit dans l’intérêt de son droit comme usufruitier, soit pour assurer l’exercice du droit de retour qui peut un jour lui appartenir, d’imposer à ses enfants la condition de ne pas aliéner ou hypothéquer de son vivant les biens donnés.

Cette interdiction temporaire, imposée dans l’intérêt du père donateur, ne peut être assimilée à une interdiction d’aliéner, absolue et indéfinie, qui aurait pour résultat de mettre pendant un long temps les biens hors de la circulation ; en déclarant valable l’hypothèque consentie par la femme de Pons à Z, par le motif unique que la condition imposée par le père donateur à ladite femme de Pons était nulle comme contraire aux lois, l’arrêt de la Cour impériale dénoncé a faussement appliqué et, par suite, formellement violé l’art. 900 du Code Napoléon.


  • Cour de cassation, Chambre civile, 20 avril 1858, cassation
Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.