En cas de vente d’une maison de moins de dix ans, le #notaire peut-il exiger une attestation de non-contestation de la conformité ?

Un sénateur a appelé l’attention de la garde des Sceaux sur le fait que pour procéder à la vente d’un bâtiment de plus de dix ans, certains notaires exigent la production d’une attestation de non-contestation de conformité. Il lui demande si la production de cette pièce est nécessaire pour passer l’acte de vente d’un immeuble.

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En application de l’article R. 462-10 du code de l’urbanisme, l’autorité compétente délivre au bénéficiaire d’un permis de construire ou à ses ayants droit une attestation certifiant que la conformité des travaux avec le permis de construire ou la déclaration préalable n’a pas été contestée. En cas de refus ou de silence de l’autorité compétente, l’attestation est fournie par le préfet. La production de cette attestation n’est pas légalement exigée par le Code de la construction et l’habitation, à l’occasion de toute vente d’un bien immobilier (article L. 271-4 pour la vente de tout ou partie d’un immeuble bâti, article L. 721-2 pour la vente d’un lot de copropriété, article L. 261-15 pour les ventes d’immeubles à construire). Les parties peuvent cependant décider d’ériger en condition suspensive l’obtention par le vendeur d’une attestation de non-contestation de la conformité de travaux réalisés par rapport au permis obtenu.

Cela étant, lors de la conclusion d’une vente, le notaire, en tant que rédacteur de l’acte, doit prendre toutes dispositions utiles pour en assurer la validité et l’efficacité. Il est donc tenu de vérifier les déclarations faites par le vendeur qui, par leur nature ou leur portée juridique, conditionnent la validité ou l’efficacité de l’acte qu’il dresse, avec les moyens d’investigation dont il dispose.

Les parties à un acte de vente doivent donc avoir pleine connaissance d’éventuelles violations de règles d’urbanisme, même au-delà du délai d’annulation du permis de construire, ainsi que du risque qu’elles s’engagent à supporter, notamment en cas de contradictions entre les documents d’urbanisme et la construction ou l’aménagement finalement réalisés. C’est pourquoi certains notaires exigent du promettant ou du vendeur, selon les cas, qu’il produise l’attestation de non-contestation de conformité prévue à l’article R. 462-10 du Code de l’urbanisme relative au bien immobilier vendu, ou, en l’absence d’obtention de cette attestation, qu’il s’oblige le cas échéant, à effectuer à ses frais tous travaux qui seraient exigés par l’administration pour la délivrance dudit document. En revanche, à partir du moment où le notaire a demandé la transmission de l’intégralité des dossiers de permis de construire et qu’il s’est assuré, au travers d’une attestation précise et circonstanciée remise par un homme de l’art, qu’une attestation de non-contestation de conformité des travaux a été délivrée par le service d’urbanisme, il ne peut lui être reproché de ne pas s’être aperçu de l’irrégularité de certains travaux ou aménagements effectués au titre de son devoir d’information (Cass. 3e civ., 5 juill. 2018, n° 17-20.121). Sa responsabilité ne peut être engagée s’il n’a pas de raisons objectives de soupçonner le caractère erroné des informations qui lui sont délivrées (Cass. 1re civ., 4 mars 2003, n° 99-18.259).


  • Réponse ministérielle n° 12863 ; J.O. Sénat 28 mai 2020, p. 2442

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