Comprendre le marquage obligatoire des oeuvres d’art que sont les sculptures à tirage limité

Le marquage des œuvres d’art que sont les fontes de sculpture à tirage limité doit comporter, normalement visible :

– la signature du sculpteur ;

– le numéro de l’épreuve (voir infra) ;

– la marque ou signature du fondeur ;

– le millésime, en 4 chiffres, de l’année de la fonte.

Ces œuvres d’art peuvent être :

– un « original », œuvre que l’artiste choisit, dès l’origine, de tirer à 12 exemplaires au maximum soit 8 originaux numérotés 1/8, 2/8 etc… et 4 épreuves d’artistes numérotées EA I/IV, EA II/IV, EA III/IV et EA IV/IV ;

– un « multiple », œuvre pour laquelle l’artiste a choisi, dès l’origine, un nombre de tirages supérieur aux 8 originaux et 4 épreuves d’artiste ; ces multiples sont numérotés 1/nombre choisi, 2/nombre choisi (1/100, 2/100etc ou 1/300, 2/300…) ;

– une « pièce unique », œuvre dont l’artiste choisit de tirer un exemplaire unique (en réalisant, par exemple, une cire directe) marquée « PU » et, le cas échéant, « Cire directe » ;

– un « modèle », fonte de sculpture qui sert de modèle pour le tirage d’autres exemplaires de cette œuvre d’art ; il fait partie de la série des 4 épreuves d’artiste et porte la marque « Modèle » et la mention de la technique utilisée (par exemple « Cire directe »).

Toute autre fonte de sculpture est une « reproduction » de ces œuvres d’art qui doit donc comporter de façon visible, lisible et indélébile, sur une partie apparente de la pièce, la mention « REPRODUCTION » et le millésime de la fonte en 4 chiffres.

Les objets d’art vendus pour des « bronzes » doivent être faits d’un alliage métallique dans lequel le cuivre entre dans une proportion d’au moins 65 % du poids de l’objet et porter le mot « bronze » gravé ou incrusté visiblement dans le métal.

Les professionnels, dont les maisons de ventes aux enchères, jusqu’à un passé récent, se sont abstenus de respecter ces règles : le marché a vu apparaître des centaines, voire des milliers, de pièces – ne pouvant être qualifiées de sculptures ou de bronzes d’art – qui auraient dû porter la mention « REPRODUCTION ». Les acheteurs lésés ont bien sûr un recours contre leurs vendeurs ou contre les commissaires-priseurs et experts qui les ont trompés, plus ou moins sciemment, mais au prix de procédures longues et coûteuses. Sur ce blog, suivra la relation de nouvelles décisions en cette matière.

Mais, dans de nombreuses affaires, l’acquéreur n’obtient pas gain de cause. Il paye ainsi sa légèreté face aux annonces trompeuses du catalogue et un certificat dit d’authenticité selon lequel l’artiste a fait don des pièces au vendeur ou à ses parents. Un telle légèreté est inconcevable, s’agissant par exemple de pièces, comme la paire de fauteuil « Têtes de lionne » de Diego Giacometti (photo ci-contre), vendues aux enchères 500’000 €.


  • Sources : loi du 8 mars 1935, décret n° 81-255 du 3 mars 1981, Code déontologique des fonderies d’art, les Fondeurs de France.